Parents, nos enfants ont besoin de nous

Nos enfants bloquent leurs lycées.

Avant de leur demander pourquoi ils bloquent, demandons-nous pourquoi ils en sont arrivés là. Ils ne se mobilisent pas pour manquer des cours. Ils se mobilisent parce que leurs cours ne sont déjà plus assurés correctement.

Ils voient leurs enseignants absents non remplacés. Ils voient les classes se remplir. Ils voient les personnels manquer. Ils voient leurs enseignants épuisés. Ils voient leurs camarades en difficulté sans accompagnement suffisant. Ils voient des élèves en situation de handicap se battre pour obtenir les adaptations auxquelles ils ont droit. Ils voient la pression scolaire augmenter alors que les moyens diminuent.

Et nous, parents, nous le voyons aussi.

Nous le voyons dans les devoirs faits à la maison parce que certaines notions n’ont pas pu être travaillées en classe. Nous le voyons dans les enfants qui rentrent épuisés. Nous le voyons dans ceux qui perdent confiance. Dans ceux qui décrochent. Dans ceux qui ont besoin d’aide et à qui l’on répond qu’il n’y a pas suffisamment de personnel. Dans ceux qui travaillent deux fois plus parce que leur famille peut les accompagner — et dans ceux qui n’ont personne pour le faire.

L’école publique ne peut pas devenir une loterie où les chances de réussite dépendent des moyens de chaque famille.

Et pourtant, nous demandons à nos enfants de se taire. Nous leur demandons de retourner en classe. Nous leur demandons de ne pas perturber. Nous leur demandons d’être patients.

Mais patients jusqu’à quand ?

Jusqu’à ce que les enseignants soient remplacés ? Jusqu’à ce que les classes soient moins chargées ? Jusqu’à ce que les personnels nécessaires soient recrutés ? Jusqu’à ce que les élèves en difficulté soient réellement accompagnés ? Jusqu’à ce que chaque enfant puisse bénéficier d’une éducation de qualité ?

Nos enfants ont compris quelque chose que nous, adultes, avons parfois oublié : un droit qui n’est pas défendu finit par devenir un droit théorique.

Alors aujourd’hui, ce n’est plus seulement leur combat. C’est le nôtre.

Nous sommes leurs parents. Nous sommes ceux qui avons choisi de leur donner les meilleures chances possibles. Nous sommes ceux qui savons combien leur avenir dépend de leur éducation.

Nous sommes aussi des salariés, des agents publics, des travailleurs, des citoyens. Nous avons un moyen d’action que nos enfants n’ont pas : nous pouvons nous mobiliser massivement.

Nous pouvons rejoindre les rassemblements. Nous pouvons soutenir les mobilisations pacifiques de nos enfants, tout en veillant à ce qu’elles ne mettent pas en danger les autres élèves. Nous pouvons interpeller les élus et le gouvernement. Nous pouvons témoigner de ce que vivent réellement nos enfants.

Et nous pouvons, lorsque nos conditions professionnelles le permettent, faire grève.

Oui, faire grève coûte de l’argent. Oui, c’est difficile. Mais demandons-nous ce que nous sommes prêts à accepter de perdre pour défendre l’avenir de nos enfants.

Une journée de salaire ? Ou des années de chances perdues pour une génération ?

Parents, ne laissons pas nos enfants se battre seuls.

Ils ont commencé à bloquer leurs établissements parce qu’ils ont compris qu’on ne les entendait plus. À nous maintenant de leur montrer qu’ils ne sont pas seuls.

Ne leur demandons pas de retourner sagement en classe pendant que nous regardons leur avenir se dégrader.

Rejoignons-nous.

Pas pour défendre le désordre. Pas pour empêcher les autres élèves d’étudier. Pas pour opposer les parents aux enseignants.

Mais pour défendre une chose qui devrait tous nous rassembler :

Le droit de nos enfants à une éducation publique de qualité.

Une école qui donne à chacun sa chance. Une école qui accompagne les plus fragiles. Une école qui permet aux enseignants d’enseigner. Une école qui ne laisse aucun enfant au bord du chemin.

Parents, cette fois, ce sont nos enfants qui nous demandent de nous mobiliser.

Ne les laissons pas porter seuls cette responsabilité.

J’ai écrit cet appel parce que je refuse de regarder mes enfants se battre seuls. Je ne représente aujourd’hui aucune organisation. Je ne sais pas encore combien nous serons.

Mais si vous partagez ce constat, je vous invite à me rejoindre.

Vous partagez ce constat ?

Si vous êtes parent et que vous souhaitez soutenir cet appel ou simplement être informé de la suite de cette démarche, vous pouvez vous faire connaître.

Je rejoins l’appel

Vos coordonnées ne seront pas publiées. Elles serviront uniquement à permettre la poursuite de cette démarche et, si vous y consentez, à vous tenir informé(e) de ses suites.

Pour nos enfants.

Pour leur avenir.

Pour l’école publique.

Rejoignons-nous !

Sandrine Renou-PoquetMère / Parent d’élève